
On me le reproche parfois, mais je l’avoue volontiers : j’aime bien les chiffres. Certains disent même que je les aime trop. Ce qui est une façon polie de dire que la réalité sociale ne se réduit pas à des données chiffrées, qu’elle a une épaisseur humaine dont les chiffres ne rendent pas vraiment compte et que même, parfois, ils contribuent à l’occulter. Il n’empêche : dans notre société, les chiffres permettent de révéler des tendances, des situations ou des évolutions. Les chiffres comptent, si j’ose dire. Voilà pourquoi il faut les traiter correctement. Ce sont de petits êtres fragiles. La statistique n’est pas une sauce d’accompagnement idéologique en libre-service, chacun assaisonnant ses convictions avec les chiffres qui lui conviennent…… ….. Extrait d’un « Point de vue » de Denis Clerc : J’aime bien les chiffres. Alternatives économiques, n°243, janvier 2006,